Les tests de terrain sont capitaux chez Hease. Comment les personnes se comportent-elles avec le robot du moment où elles le remarquent et ce jusqu’à la fin de l’interaction ? Quel est le moment le plus important de l’interaction ? Quand et pourquoi l’interaction devient-elle moins pertinente ? Comment peut-on optimiser l’expérience utilisateur et la rendre plus mémorable ? Dès les tout début, Hease a privilégié une approche à la robotique basée sur l’usage.

On apprend beaucoup de ces tests avec nos clients et leurs utilisateurs. On apprend, on adapte, on teste une nouvelle fois et on observe ce qui se passe. C’est un processus permanent et essentiel pendant la période d’expérimentation, ce que nous appelons « preuve de concept » (de l’anglais : Proof of concept, POC).

Aujourd’hui, nous travaillons sur Heasy, pour éviter qu’il reste face à un mur lorsqu’il se trouve dans de petits espaces, ce qui le rend moins attractif aux yeux des passants. Différents tests sont encore en cours pour relever ce challenge.

Durant une expérimentation il y a quelques jours, le robot s’est positionné face à un mur. Il n’était pas complétement retourné vers le mur mais disons en diagonal. J’étais assis sur un banc à trois mètres du robot pour l’observer. Entre nous, il y avait un enfant et son père assis sur un autre banc. Cet enfant, d’environ 7 ans, était subjugué par le robot. Quand Heasy a commencé à regarder le mur, l’enfant s’est tourné vers son père et lui a dit avant de rigoler : « Papa, il regarde le match à la télé ! ».

Honnêtement, je n’avais pas remarqué la télé au mur avant que l’enfant n’en parle. En tout cas, son commentaire innocent a changé la manière dont j’aurais décrit cette expérience. En fait, je me serais plutôt dit : « Aujourd’hui j’ai fait un test sur Heasy mais ça n’a pas marché ». Pourtant une autre version de l’histoire fonctionne aussi, celle où l’enfant raconte « J’ai vu un robot aujourd’hui, et quand personne ne le voyait pas, il regardait le match de foot à la télé ! ».

 

Cette histoire nous apprend que notre cerveau est effectivement programmé pour chercher des significations à ce qui se passe autour de nous. Fondamentalement, l’expérience humaine se constitue du sens que l’on donne aux informations et des motivations que l’on cherche derrière les évènements. Notre cerveau est constamment en train de donner du sens à tout et n’importe quoi. Et nous, en tant qu’entreprise, nous travaillons dur afin de réduire la différence entre le comportement recherché et la perception réelle tout en s’assurant que l’expérience reste toujours positive.